Ce que nous avons bien voulu croire,
nous les hommes...
L’homme n’est pas sur Terre pour enseigner
à l’homme, il est sur Terre pour apprendre
à savoir se désimpliquer...
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Nous avons cru, nous les hommes,
que les leaders dans les domaines de l'occultisme, de la spiritualité, de l'ésotérisme, du supramental ou de tout autre domaine de développement de conscience et du bien-être étaient des génies du genre humain.
Et il en fut toujours ainsi dans l'histoire de notre humanité.
Nous avons cru, en suivant leur exemple, leurs paroles et leur enseignement, que la compréhension intelligente des choses de la vie et de notre propre bien-être viendrait vers nous. Nous avons cru que ces hommes étaient bons et qu'ils voulaient notre bien.
Et il en est toujours ainsi parmi les hommes qui aiment croire ces choses-là.
Nous avons cru qu'en joignant les masses ou les gens qui avaient regroupé les rangs de ces modèles d'évolution de la conscience, nous étions sur la voie du bonheur, de la santé, de l'accomplissement de soi, de l'évolution de l'être, ou encore plus, de la fusion avec l'essence primordiale même.
Nous avons cru que nous étions perdus et que ces leaders étaient la voie qui conduisait à l'éveil de la conscience.
Nous les hommes aimions croire ces choses-là...
Nous avons commencé à courir vers les centres de désintoxication mentale, cherchant une porte de sortie. Nous avons très bien joué ce jeu et nous le jouons toujours de plus en plus.
Nous étions convaincus que ces leaders tenaient entre leurs mains le sens réel de nos vies et qu'ils savaient des choses qui, après l'intégration vibratoire de leur instruction, rendraient notre vie individuelle meilleure, plus libre et plus heureuse. Alors, parce que ces leaders l'ont cru eux mêmes en premier, les masses ont commencé à y croire. C'était comme un puissant aimant qui magnétise et attire les masses.
Nous voulions croire leur savoir...
Effectivement, nous voulions croire ce qu'ils savaient, et c'est à cet instant que l'homme s'est lui-même placé en initiation devant l'homme ou devant l'enseignement de l'homme.
Nous avions besoin à certaines époques de nos vies que des millions de christs de toutes sortes et de tous les domaines viennent sauver l'humanité et nous sauver nous aussi, si l'on suivait à la lettre leurs recommandations. Nous avons cru que si nous étions sensibles et volontaires, nos vies changeraient par leur instruction.
Alors, les hommes ont créé des égrégores de toutes sortes. Ils ont commencé à créer des frontières du savoir et de la connaissance à l'échelle planétaire.
Et partout sur la Terre, il en est ainsi.
Sans vraiment rien savoir, nous sommes devenus des croyants, des fidèles, des adeptes et des suiveurs. Mais en réalité, chacun suivait sa propre vérité qu'il tirait de l'enseignement et qu'il interprétait selon le modèle qu'il désirait suivre, non pas à cause de l'enseignement des hommes qui savaient des choses, mais surtout parce que chacun voulait posséder pour lui-même une connaissance suffisante, un certain territoire, une certaine prédominance psychologique et psychique.
Ils voulaient tous donner un sens à leur vie matérielle et psychique à partir de l'enseignement. Ils voulaient tous être à part de ceux qui, selon eux, n'avaient pas eu la chance d'accéder au savoir de l'enseignement. Alors, plus les masses se regroupèrent autour de ces réseaux de connaissances, plus elles perdirent conscience d'elles-mêmes pour s'efforcer de toutes les manières de prouver que l'enseignement est vrai, et cela, même au risque de créer entre elles des guerres de clochers.
Il devait y avoir une autorité, une discipline, un caractère particulier entre chaque personne qui possédait la connaissance de l'enseignement. Mais ce qui est arrivé au niveau des égrégores, c'est que nous les hommes en quête de connaissances avons vénéré les hommes qui, semblait-t-il, possédaient la clé du savoir.
Par défaut, nous étions beaucoup plus intéressés à ces hommes qui portaient sur leurs propres épaules, pour ainsi dire, le poids de leur savoir. Donc, pour se désimpliquer de leur savoir, ils devaient le rendre par des formes d'enseignements.
Mais l'enseignement n'était pas leur savoir réel, il n'était qu'une forme par la parole afin de le rendre accessible à autrui par la réflexion philosophique de ceux qui le recevaient. Voilà pourquoi le savoir réel a tellement d'enseignements.
Mais nous ne pouvons pas vibrer au savoir d'un autre, puisque chacun reçoit par vibration une pulsation nerveuse dans son cerveau et essaie par la parole et la communication de le rendre accessible par l'enseignement dit initiatique.
Autrement dit, l'enseignement et le savoir réel sont deux choses distinctes. Un homme qui sait par pulsation nerveuse dans son cerveau peut prendre des années à rendre son savoir accessible par l'enseignement, par la parole, mais ce qu'il dit n'a rien à voir avec ce qu'il sait de réel en lui, car le réel ne se communique pas par l'enseignement.
Un homme ne peut parler pour un autre homme. Et un homme qui parle ne doit jamais être pris au pied de la lettre, sinon c'est ici qu'entre en ligne de compte le phénomène d'adeptes, le phénomène d'interprétation où l'ego se fabrique une raison, une vérité, une croyance... Et au court de sa propre désimplication face à ce qu'il pense croire, il intégrera ce que l'esprit en lui sait déjà, car pour intégrer, l'ego devra apprendre à se désimpliquer.
En se désimpliquant, l'ego brise l'égrégore et devient plus intelligent pour lui-même et non jamais face à l'initié ou à son enseignement. Et ceci est extrêmement important, sinon l'histoire se répétera toujours parmi les adeptes et les fanatiques.
Et lorsque l'ego en arrive à se désimpliquer, nous pouvons dire que l'initié est devenu libre de la masse au niveau de son enseignement. Donc, l'initié peut alors parler librement, il peut commencer à rendre son savoir par l'enseignement, c'est-à-dire ce qui peut être prononcé et dit par la parole (et en réalité c'est tellement peu), sans que son savoir crée des égrégores individuels ou de masses dans le monde de ceux qui ne sont là que pour retirer de l'enseignement ce qui semble leur convenir raisonnablement.
L'initié parle toujours pour lui seulement. Mais ce qu'il dit devient pour autrui une forme d'enseignement, parce que nous les hommes n'en savons pas plus. Alors, nous nous construisons facilement et rapidement des formes d'interprétations philosophiques de l'enseignement, lorsqu'en réalité nos interprétations n'ont rien à voir avec le savoir.
Puis à partir de nos interprétations, nous créons des réseaux de connaissances philosophiques qui deviennent l'échiquier social où se rassemblent ceux qui n'ont réellement rien à dire, sauf se démontrer entre eux, par comparaison intellectuelle, qu'ils n'ont vraiment rien saisi.
Ils n'ont rien saisi de ce qui est du savoir réel derrière les mots et l'enseignement. Les connaissances et la jasette philosophique deviennent leur seule mesure face à une autre personne, car nous aimons prétendre que nous évoluons et intégrons face à l'autre, face à ce que les autres ont à dire, et ainsi le fossé s'élargit et le jeu du miroir et de ses effets psychiques et psychologiques maintient les êtres dans l'ignorance et dans l'abus d'eux-mêmes, jusqu'à ce que l'enseignement ait été totalement dévoré.
Que reste-t-il des enseignements dans les faits réels ? Rien, absolument rien, car l'enseignement ne représente que la forme communiquée du savoir par la personne qui de l'intérieur est placée en état de choc vibratoire pour sa propre désimplication. Donc, plus il enseignera, plus il se désimpliquera.
Mais nous croyons tellement à l'enseignement que nous reprenons sur nos propres épaules l'initié qui se désimplique par sa parole et son enseignement, et selon notre caractère et notre implication, nous en faisons notre propre initiation. Mais tôt où tard, nous allons devoir nous désimpliquer à notre tour.
L'homme n'est pas sur Terre pour enseigner à l'homme, il est sur Terre pour apprendre à savoir se désimpliquer. Plus il se désimplique, plus il devient son propre canal à lui-même. Plus il est canal, moins il est fanatique du contact. Moins il est fanatique ou hypnotisable par le contact, par le lien, et plus il devient intelligent d'une seule chose : c'est qu'il a brisé l'aspect dit occulte de lui-même sur le plan initiatique.
Donc, l'initiation n'est plus la porte de sortie, car il a appris finalement à la toute fin à ne plus entrer dedans pour aller se mesurer, en tant qu'intelligence, avec l'intelligence qui coule en lui et qui est lui.
Mais nous les hommes avons cru qu'il fallait subtilement entrer dans l'initiation sur le plan psychique pour finalement avoir raison de soi-même et mettre un terme final à ce qui descend en nous, vers nous et pour nous. Et se mettre en initiation sur l'échiquier de l'évolution, c'est comme d'aller tester et mesurer ce qui en nous n'est pas encore rendu absolu dans notre propre conscience expérimentale sur le plan de l'ego.
Donc, parmi les masses qui remplissent les rangs du savoir, beaucoup ont commencé à interpréter le savoir pour en prendre conscience psychologiquement et physiquement.
Donc ils se mettent eux-mêmes en initiation face à eux-mêmes lorsqu'ils se croient inconsciemment porteurs de l'enseignement, d'un enseignement qui n'est pas eux, mais celui du passage sur le plan matériel d'une autre personne ou d'autres personnes qui sont simplement venues se désimpliquer, car leur temps était arrivé.
Pour être un jour un homme dit nouveau, un surhomme, il faudra cesser de prendre au sérieux le passage des initiés qui traversent le plan matériel pour venir se libérer eux-mêmes de leur propre incarnation et finalement savoir se désimpliquer eux-mêmes.
Et si nous parlons, nous les hommes de fusion, ici et là, c'est que nous ne savons même pas de quoi nous parlons au juste, et de quoi il s'agit en réalité pour celui qui le vit.
Tant que l'ego demeure attaché à l'homme ou à son enseignement, il en demeurera prisonnier, seul avec lui-même. Et lorsqu'il jase de ce phénomène avec d'autres, c'est seulement pour enlever psychologiquement sa souffrance initiatique dont il est le seul porteur. Et l'autre ou les autres ne peuvent rien faire pour lui, car si l'autre ou les autres avaient réellement saisi l'occulte de la venue d'un initié qui passe sur Terre, ils ne seraient même pas là pour écouter jaser l'autre qui vient vers lui...
Il serait intéressant d'observer la personne lorsqu'elle parle, je parle ici de l'initié ou de l'instructeur qui livre un enseignement pour se désimpliquer. Il serait nouveau de remarquer combien l'enseignement libère celui qui parle, et combien nous les hommes prenons sur nos propres épaules cet enseignement comme une initiation personnelle qui nous est donnée et combien nous essayons de toutes les manières de la vivre presqu'au pied de la lettre. Donc, l'initié ne peut libérer l'homme, car l'homme se place lui-même en initiation devant l'enseignement.
Nous croyons, nous les hommes, que lorsque l'initié parle, il nous aime et nous donne un enseignement, alors qu'en réalité il se désimplique de l'énergie de son savoir en le communiquant. Et par le fait même, il s'intègre lui-même avec lui-même, et non avec le savoir qui vient vers lui ou par rapport à l'enseignement qu'il communique. Ainsi, il ne souffre pas de ce qu'il sait et de ce qu'il dit.
Mais avant d'en arriver à cette étape, l'initié va en baver durant des années. Et cela, pour la simple raison qu'en tant qu'être humain, il a une histoire qu'il a perdue avec l'universel, d'où il subit malgré lui la descente de sa propre contre-partie et sera positionné durant des années entre le monde irréel de l'âme et le monde réel qu'il connaîtra beaucoup plus tard. Car ce savoir, il devra le vivre seul avec lui-même dans son corps et dans ses centres, avant de pouvoir oser s'en désimpliquer par la parole, pour finalement intégrer cette contre-partie de lui-même dite cosmique et universelle.
L'initié est placé entre deux mondes par les forces de la vie, et en parlant, il apprend à se désimpliquer en tant qu'ego central qui doit vivre cette mutation. Mais sa parole devient pour autrui une forme d'enseignement, car les hommes aiment croire ces choses-là, et ils reçoivent cette forme de désimplication de l'initié comme un enseignement qui laisse croire aux hommes que tel est le chemin à suivre, parce que l'initié l'a verbalisé ainsi, selon le caractère de sa colère contre les forces.
Nous ne réalisons pas, nous les hommes, que l'initié est en colère, que l'homme qui parle vraiment, je dis bien vraiment, à partir de la vibration de son savoir, est en colère. Et cette colère provient de son système nerveux qui est mis en vibration par le savoir qui vient et qui descend vers lui dans son cerveau, et il n'a pas le temps de faire un transfert psychologique lorsqu'il parle, de traduire psychologiquement pour le commun des mortels.
Et le commun des mortels appelle ça un enseignement, au lieu de voir le feu de l'énergie de la colère qui passe en lui dans son cerveau. Et il est évident que les hommes ne peuvent contenir cette énergie mentalement, car ce n'est pas leur affaire, c'est l'affaire de celui qui se désimplique en parlant.
Les hommes aiment se prendre au sérieux et faire le tour des êtres qui osent verbaliser afin de comparer et de retirer ce qui fait l'affaire de leur petit ego. Puis ils en font leur cheminement évolutif personnel, de groupe ou de masse (vous imaginez la situation actuelle). Ensuite, ils socialisent et jasent de tout et de rien, parce que les hommes prennent plaisir à faire ça. Ils aiment défendre, approuver, juger ou renier, car ils n'ont que cela à faire... en plus de croire qu'ils défendent de grandes causes...
L'initié se désimplique de l'énergie qui lui donne son savoir en l'extirpant par la parole. Mais les personnes qui l'écoutent s'impliquent dans les mots prononcés et croient que c'est ça l'enseignement. Et leur implication les propulsent vers des interprétations spirituelles, supramentales, philosophiques, psychologiques, et elles en font des formes psychiques de développement qu'elles appellent leur évolution ou leur cheminement individuel. Puis elles tenteront de se rassembler pour en discuter et essayer d'apprendre l'une de l'autre, ou pour se mesurer, ou encore pour se situer par rapport à l'autre dans le but d'intégrer... quoi ?
Mais la question est :
Qu’en savons-nous vraiment, nous les hommes?
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